Lettre à mon diabète

Je me suis toujours dit que j’avais pas envie d’être une blogueuse qui met en avant sa maladie. Mais après tout, elle fait partie de moi depuis 12 ans, j’ai passé la fin de mon enfance, toute mon adolescence et maintenant ma vie d’adulte avec elle. Ca fait pas de moi qu’une diabétique, mais c’est une de mes caractéristiques. Alors quitte à vivre avec elle, autant en parler plutôt que de la cacher parce que forcément il y a des fois ou non, ça va pas très bien et ça joue sur mes nerfs.

Je sais que beaucoup de personnes en souffrent, et beaucoup m’ont témoigné leur soutien suite à mon apparition dans le magazine de l’AJD. J’ai été vraiment touchée par cet élan de bienveillance, comme quoi ça faisait du bien de lire des mots qu’on arrivait pas à mettre à l’écrit ou à dire à voix haute. Qu’il fallait que je continue parce que j’étais comme un petit porte parole. Certains m’ont même posé plein de questions sur mon compte Instagram parce qu’ils étaient inquiets (“Je viens d’être diagnostiquée”, “Est-ce que tu vis comme tout le monde?”, “Je vis mal mon diabète”) et j’ai pu les rassurer. Si je peux avoir ce rôle là, tant mieux, ça me fait plaisir et j’arrive à me dire qu’être diabétique, c’est pas que des injections et des contrôles tous les jours, c’est aussi vous aider si je le peux.

Il n’empêche qu’en ce moment, j’en ai marre. J’appréhende ma prise de sang dans 2 semaines car je sais que le résultat ne sera pas aussi bon que le dernier. J’avais un bon rythme de vie : je courais 3 fois par semaine, j’ai fait des hypoglycémies mais j’ai réussi à tout adapter pour ne plus du tout en faire, et le sport me permettait de maintenir un taux très stable, qui frôlait la perfection. Je n’étais jamais haute, et je me faisais pas trop d’insuline qui me conduirait à l’hypoglycémie. À côté de ça je me suis même tonifiée, j’ai perdu 2 petits kilos (pas que j’en avais besoin) mais courir me faisait du bien.

Par contre il y a 2 mois je me suis fait mal en courant. Oui, parce que mon deuxième prénom c’est “Pas de chance”. Ou bien si vous cherchez “Poisse” dans le dictionnaire, vous verrez ma photo à côté de la définition. BREF.

Je suis allée chez le médecin et le radiologue qui m’ont rien trouvé, parce que pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? c’est “que” musculaire, je dois me reposer et maintenant c’est un calvaire. Je dois doubler mes doses d’insuline, j’ai quasiment passé une cartouche entière d’insuline en 10/15 jours, j’ai dû augmenter ma Lantus de 4 unités d’un coup pour ne plus être autour de 2,90 en  me levant le matin alors que j’étais à 1,30 en me couchant. Parfois je me rajoute 3  unités alors que je ne suis qu’à 2.00. Honnêtement, en ce moment c’est les montagnes russes et j’appréhende en voyant ma glycémie sur le dextro. J’aimerais juste qu’il s’adapte comme moi je dois me forcer à une nouvelle routine à chaque fois. Mais non, non, parce que c’est pas simple. À chaque fois que quelque chose se passe, faut TOUT reprendre.

Aujourd’hui je pensais que c’était une journée qui allait à peu près bien : c’était dimanche, on avait bien dormi, j’étais à 1,66 en me levant, c’était pas top top mais pas trop mal. On est allés se promener à Hourtin, c’était très mimi :

Puis après j’ai enchaîné 4 hypoglycémies dans l’après-midi et la soirée, et je peux vous dire que je suis complètement claquée. Ca m’a mise en colère, mais tellement en colère, car je n’ai pas compris, je n’ai pas fait trop d’insuline, je n’ai pas fait de sport, j’étais tranquille, et il a fallut que ça n’aille pas, ça m’a gâché une partie de mon après-midi et ma soirée. C’est vraiment les montagnes russes et je n’arrive pas à gérer en ce moment, ça me saoule, ça me saoule, ça me saoule, et ça me saoule, parce que je fais que ça des efforts, des efforts, des efforts, et non. En ce moment, ça me réveille la nuit, je suis obligée de manger un truc sucré la nuit, ça me fout dans les nuages pendant 1h si ça me prend dans la journée ou je vais pas marcher droit alors que j’étais en train de faire une balade.

J’imagine le diabète comme un petit troll vicieux et sarcastique, squattant sur mon pancréas complètement HS entrain de me snober. J’avais pas envie qu’il soit là moi. Il avait même pas à être là, puisqu’il est même pas héréditaire. Il est là gratuitement, et c’est injuste. Y a même pas ne serait-ce qu’une mini raison. Pas de diabète dans la famille. NON. C’EST QUE MOI.

Il a fait son petit trou, et des fois il décide de me faire chier pendant ma routine. Je fais des hypos et alors ça c’est le pire : les hypoglycémies quand t’as plus la place d’avaler quoi que ce soit mais qu’il faut quand même manger une compote, boire un juste de fruit, puis si ça passe pas des gâteaux, ou bien des pâtes de fruits. En vrai, STOP.

Je demande rien au diabète, (sauf partir si possible mais ça hahahahahaha lol mdr), mais juste, il est là, ok, mais tant qu’à faire, laisse moi tranquille avec mes habitudes, mes 4 piqûres ou + par jour. Pas la peine de rajouter un grain de sel quand t’es déjà à toi-même un gros grain de sel de Guérande tu vois ?

Et oui, la plupart du temps ça va, je le vis pas bien ou mal, je le vis juste. Y a juste des fois où ça va mieux, et là, ça fait des semaines que vraiment, si c’était une personne, je lui claquerai bien ma main dans la tronche.

Voilà, voilà. C’est dit.
Je vous embrasse, et demain ça ira mieux !

Lydie



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