La rue

C’est un article que j’avais envie d’écrire depuis un long moment, mais j’ai jamais trouvé le bon moment. Pourtant, un bon nombre de choses m’agacent, m’énervent, me rongent chaque jour en temps que femme. 

En fait, hier je me suis fait sifflé dans la rue. C’est le terme que j’emploie, mais en réalité, c’est pas ça. On m’a interpellé de la même façon que j’appelle mon chien. Vous savez, ce petit bruit qu’on fait avec les lèvres pincées, qu’on répète quelques fois. Il ne manque plus qu’une tape sur la cuisse, et voilà, le petit chien arrive. Sauf que lui il est content parce qu’il va recevoir une caresse ou un petit bout de pain. En plus, faire ça pour appeler son animal de compagnie c’est pas un manque de respect, m’voyez. C’est normal.

Moi j’étais dans la rue. Je me rendais au Monop’ de la place de l’Hôtel de Ville et je suis passé derrière la grande roue parce que je voulais éviter le monde du marché de Noël. À la place, je me suis retrouvée, là, comme un vulgaire bout de viande. Pour tout vous dire, sur le moment j’ai cru rêver. Je me suis retournée, j’ai eu les yeux noirs, et je me suis contentée de les regarder en espérant qu’ils ne recommencent pas. Ils l’ont refait. Plusieurs fois. Et plus ils le faisaient, plus ça m’énervait, plus j’avais envie de les monter ces foutues marches et d’aller lui en coller une. Mais ils étaient 5. Du coup j’ai préféré, franchement à contre cœur, continuer ma route, en râler encore pendant la demi-heure qui a suivi.

Vous allez me dire que c’était peut-être pas grand chose. Et non ça ne l’est pas. Dans le fond c’est rien, c’est qu’un pauvre gars débile. Un petit con de la rue comme on en croise 15 par jour. Mais le problème c’est que ça m’ai arrivé un bon nombre de fois. Auparavant, j’arrivais à ne pas répondre, à continuer, à laisser couler. Puis après j’ai eu une période où je répondais. Le problème c’est que c’est plusieurs fois par jour et que moi je me sens rabaissée, je me sens comme un bout de viande, j’ai plus l’impression de m’appartenir dès que je sors toute seule dans la rue, j’ai l’impression de ne pas être moi, à moi, mais juste d’être dehors et d’être au regard des autres. Et ça me dégoûte.

Au mois de juin je m’étais déjà énervée contre une personne. Une personne qui m’a vu descendre de mon Véli’vert, qui a attendu que je traverse la voie des trams, qui a décidé de me couper la route parce qu’aller déranger des gens qui ont l’air clairement pressés parce que “franchement t’es trop charmante vas-y file moi ton numéro tu me plais trop”. C’est juste agaçant, frustrant, gavant, d’être vue comme si on était à la disposition des gens. Sérieusement. Une autre fois aussi, je lisais un panneau, y avait une grande, grande place derrière moi. Et là un mec arrive dans mon dos pour me demander mon numéro. Il a même pas vu mon visage.

Je suis vraiment en colère contre ces gens, quand mes copines, ces filles, ces femmes, me disent que des gens se frottent à elles dans les transports, qu’elles se font suivre la nuit jusqu’à leur appart’, qu’elles se prennent des mains au cul, et j’en passe… Non mais franchement.

Et puis de toute façon, vous pensez vraiment que ça peut marcher ? Qu’on va nous aborder comme ça, comme un chien, et qu’on va se retourner en disant “Oh putain oui c’est tellement sexy ce que tu viens de faire, je te file mon numéro!!!!!” ?!?!?!?!?!!!!

Une fois j’ai vu une femme, une très jolie femme monter dans le tram. Elle était vraiment élégante. Des bottes à talons, une robe. Et j’en pouvais plus pour elle, parce que ce genre de mec ne fait que la mater, de haut en bas, jusqu’à temps qu’elle descende du tram. Voilà.

Le pire dans tout ça, c’est que peu importe la façon dont on est habillée. Un soir à 20h30 j’attendais le tram, quand un mec avec sa joyeuse bande de supers copains se met à me demander mon prénom, mon numéro, puis à force de leur répondre négativement, il retourne à sa place. M’hurle que j’ai un bon boule, et me traite de sale pute. Comme ça. Gratuitement. Ils sont morts de rire, ils s’en vont. Place Jean Jaurès. Devant plein de gens. Chouette.

Enfin bref. Là où je veux en venir, c’est qu’aucune femme ne mérite d’être traitée de la sorte. Ni une fille parce qu’elle a une jupe, parce qu’elle a un pantalon, parce qu’elle est maquillée à outrance. Personne. Pas même les personnes connues, même si on a le droit de les trouver sans intérêt : les youtubeuses, les Karsashian, ou même, même Melania Trump. Parce que je vois que des insultes fuser à leur égard, des insultes sexistes. Mais déjà arrêtez 5 mn de traiter une nana de pute juste parce que son style sort de ladite “norme”.

Bref, j’en ai vraiment marre et ça me rend dingue. J’avais juste envie de tout déblatérer parce que j’en avais envie depuis un moment. Laissez-nous TRANQUILLE.

 



5 thoughts on “La rue”

  • Place Jean Jaurès a Saint Etienne c’est le repère des cretins … il m’es plusieurs fois arrivée d’insulter des gars dans la rues devant tt le monde ou de hurler que non lui il est pas charmant et que je me garde mon numéro…
    Bref Saint Etienne ville de bolosse il faut avoir une attitude de Killeuse et on t’adresse un peu moins La parole…
    Aimant (adorant) les chaussures à talons tu imagine l’effet que ça leurs fait de voir une fille un peu mieux habiller qu’en jogging …
    Bref ne te décourage pas et garde la gniak et c’est pas à nous de baisser les bras. Se sont eux les sexuellement instable et sans éducation 😤

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